Mon voyage en Egypte – Louxor

Hello les ami(e)s !

Chose promise, chose due ! Voici la suite et fin de mon voyage en Egypte : après Le Caire, nous sommes descendus à Louxor en train car c’est un mode de transport plus économique, écologique et pittoresque que l’avion. Précaution utile, il est préférable de vous déplacer en gare Ramsès pour réserver vos billets et choisir la date de votre voyage car les trains sont souvent complets. Le trajet de 672 km dure environ 11 heures et coûte entre 4 et 10 euros selon le type de train choisi. Je vous conseille la classe AC1 pour un maximum de confort (et encore, c’est assez basique !). Attention aussi à la climatisation qui marche à fond, prenez une petite laine et un foulard pour vous couvrir la tête. La voie ferrée longe la vallée fertile du Nil, vous offrant la possibilité d’admirer de magnifiques paysages – palmeraies, rizières, bananeraies, champs de cannes à sucre et de céréales (blé, sorgho, maïs) – où la végétation verdoyante contraste avec les montagnes arides qui l’entourent.

L'Egypte et la Mer Rouge
Carte de l’Egypte et de la Mer Rouge – Photo © The New Fashionista

1. Premières impressions

Louxor est située sur la rive est du Nil en Haute-Egypte. C’est le nom actuel de la cité antique de Thèbes. La ville moderne est construite autour des vestiges des temples de Louxor (au centre) et de Karnak (au nord), et sa proximité avec le site de la Vallée des Rois en fait une destination de choix pour environ quatre millions de visiteurs par an. A noter aussi le Winter Palace Hotel, majestueux établissement de style colonial anglais inauguré en 1907, où Agatha Christie écrivit son célèbre roman « Mort sur le Nil ». L’économie de Louxor repose bien évidemment sur le tourisme, une activité gravement impactée après l’attentat au temple d’Hatchepsout à Deir el-Bahari en 1997, puis encore mise à mal par la révolution égyptienne de 2011. Lors de notre séjour en 2015, les stigmates étaient toujours bien visibles : les conducteurs de calèche nous suppliaient de prendre leur course, à peine suffisante pour acheter le foin pour nourrir leurs chevaux. Une bien triste situation…

Hôtel Iberotel - embarcadère sur le Nil
Embarcadère sur le Nil à l’Iberotel – Photo © The New Fashionista

2. Notre hôtel

Notre hébergement à l’Iberotel Luxor a été une vraie bonne surprise. Cet hôtel 4 étoiles de 185 chambres est idéalement situé en bord du Nil, avec une vue imprenable sur la Vallée des Rois dont nous pouvions admirer le magique éclairage la nuit venue, et croyez-moi, cette vision féerique m’a fortement saisie le soir de notre arrivée après un long voyage en train ! Nous étions seulement 3 ou 4 couples à y séjourner, et le personnel était vraiment aux petits soins. Nous avons bénéficié d’un service impeccable : propreté irréprochable (aussi bien les chambres que les extérieurs), petit-déjeuner royal et magnifique piscine à usage quasi exclusif. Nous y avons également très bien dîner lorsqu’on souhaitait renouer avec la cuisine occidentale après nos visites quotidiennes. Comptez 50€ la nuit, petit-déjeuner compris, pour une chambre double supérieure avec vue sur le Nil. Bref, un lieu de séjour idyllique pour les amoureux ou nouveaux mariés…

Vue sur la Vallée des Rois
Vue sur la Vallée des Rois depuis l’Iberotel – Photo © The New Fashionista

3. La Vallée des Rois

La Vallée des Rois est une vaste nécropole souterraine située sur la rive occidentale du Nil. Visuellement, c’est une étendue de calcaire et de roches sédimentaires, formée de montagnes arides, d’éboulis et de ravines : un paysage totalement aride écrasé par un soleil implacable. La vallée abrite les sépultures de tous les pharaons du Nouvel Empire (-1550 à -1069 av. J.C.) de Thoutmôsis 1er à Ramsès XI, à l’exception d’Amenhotep IV (Akhenaton) – figure controversée et considérée comme hérétique puisqu’il imposa le culte unique du dieu solaire Aton – qui fut inhumé dans la nécropole royale d’Amarna, située entre Thèbes et Memphis. A l’époque, les tombeaux étaient magnifiquement décorés et chargés de tous les artefacts précieux pour accompagner les défunts dans le royaume des morts, mais malgré leur caractère secret, la plupart a été pillée et endommagée dès l’Antiquité.

Site de la Vallée des Rois
Le site de la Vallée des Rois – Photo © The New Fashionista

Nous avons pris un billet à 100 livres (environ 5,50 euros) qui nous permettait de visiter 3 tombes au choix. Les tombes sont ouvertes au public par roulement, ce qui garantit de les préserver toutes du mieux possible. Certaines tombes comme celles de Toutankhamon, Ramsès V et Séthi 1er – les plus prestigieuses et prisées des touristes – sont ouvertes toute l’année mais nécessitent un ticket spécial  qui peut coûter jusqu’à 40 euros ! Nous avons visité les tombeaux de Ramsès III, Ramsès IV (la plus belle à mon goût) et Ramsès IX, mais je vous avoue que cela devient vite répétitif malgré la diversité des configurations intérieures et des décorations murales : dépouillés de leur mobilier funéraire, il ne reste à admirer que les superbes fresques murales et quelques sarcophages en pierre.

4. Temple de Médinet Habou

Médinet Habou est une ville proche de l’ancienne cité de Thèbes (l’actuelle Louxor), connue pour son temple des millions d’années de Ramsès III : à partir de la XVIIIème dynastie sous le Nouvel Empire, c’est en effet le nom donné aux grands monuments sacrés que les pharaons se font construire afin d’avoir de leur vivant un lieu de culte du roi divinisé, associé à Amon, la principale divinité thébaine. Ainsi, le pharaon se trouvait auréolé d’une aura divine, et son pouvoir magnifié. Ramsès III y fit construire ce vaste temple funéraire sur un plan défini qui deviendra un prototype pour les siècles à venir : deux pylônes monumentaux séparant deux cours à péristyles, avant d’entrer dans la zone du sanctuaire proprement dit. Bâti dès son accession au trône dans le but de restaurer la grandeur de son prédécesseur Ramsès II, il ne sera achevé qu’après la mort de Ramsès III vers -1154 av. J.C.

Site de Medinet Habou
L’entrée du temple de Ramsès III à Médinet Habou – Photo © The New Fashionista

Les portiques bordant les cours ont conservé leur couverture, ce qui permet d’admirer des plafonds peints en bleu vif et recouverts d’étoiles, ainsi que des fresques bien préservées, décorées de scènes religieuses ou militaires aux couleurs vives. Mon coup de cœur fut la salle hypostyle qui hélas s’effondra suite au séisme qui frappa Thèbes en -27 av. J.C. : il ne subsiste que les socles des colonnes mais leur aspect imposant et leurs proportions parfaites laissent imaginer la majestuosité de cet espace du temps de sa splendeur, d’autant que nous l’avons visité sous la lumière dorée du soleil déclinant.

5. Temple de Deir el-Bahari

Avec le temple de Karnak, c’est le temple que je tenais absolument à visiter, tant les photos m’avaient impressionnée et la réalité ne m’a pas déçue… Adossé à la paroi rocheuse et construit en calcaire, il fut érigé par la reine Hatchepsout – fille du pharaon Thoutmôsis 1er et cinquième souveraine de la XVIIIème dynastie – pour en faire son temple funéraire. Son architecture est originale et vraiment impressionnante : les pylônes et cours des temples classiques sont ici remplacés respectivement par des portiques et des terrasses, ces dernières étant autrefois aménagés en jardins luxuriants. On accède à l’ensemble par deux rampes monumentales de 40 marches.

Le temple d’Hatchepsout à Deir el-Bahari – Photo © The New Fashionista

Reine énergique, Hatchepsout fut aussi une grande bâtisseuse, à l’initiative d’une centaine de projets grandioses en Haute et Basse-Egypte. A sa mort au terme d’un règne de 22 ans, les statues la représentant furent brisées et son nom effacé des temples, sans doute à l’instigation de son beau-fils et neveu Thoutmôsis III, motivé par le ressentiment d’avoir été écarté de la co-régence par Hatchepsout. Il faudra attendre la fin du XIXème siècle et les travaux de la Société d’exploration de l’Egypte pour la redécouverte et la restauration de ce temple incomparable.

6. Temple de Karnak

Ce fut sans aucun doute le clou de mon séjour à Louxor, un lieu hautement emblématique de par son histoire et sa grandeur. Deuxième site touristique d’Egypte après les Pyramides de Gizeh, le complexe funéraire de Karnak est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979. Construit au Moyen Empire sous la XIème dynastie, il a subi de nombreux remaniements et rajouts pendant plus de 2000 ans pour connaître son apogée au Nouvel Empire où il devient le temple le plus important de la XVIIIème dynastie, consacré au culte du dieu Amon-Rê. Le site sacré de Karnak est très riche et complexe, certains secteurs n’ayant pas encore été fouillés à ce jour. Il est composé de trois enceintes, dont la plus vaste est le sanctuaire d’Amon-Rê, seule partie accessible aux visiteurs avant l’ouverture récente de l’enceinte de Mout.

Plan du complexe funéraire de Karnak
Plan du complexe funéraire de Karnak – Source fr.wikipedia.org
Temple de Karnak - allée des Béliers
L’allée des Béliers du temple de Karnak – Photo © The New Fashionista

Le dieu Amon est la principale divinité du panthéon égyptien, créateur de l’univers et de la vie. Il devient prépondérant dans la région de Thèbes à partir du Moyen Empire où il forme la triade thébaine aux côtés de son épouse Mout (la Déesse Mère) et de leur fils Khonsou (le dieu lunaire). Il est représenté sous la forme d’une oie ou d’un bélier – animal symbole de puissance et protecteur du troupeau – d’où le dromos, cette allée majestueuse bordée de sphinx à tête de bélier située à l’entrée du temple, en prolongement du débarcadère. L’allée était jadis empruntée lors des grandes processions annuelles en l’honneur d’Amon-Rê, comme la Fête d’Opet et la Belle Fête de la Vallée.

Temple de Karnak - grand hall hypostyle
Le grand hall hypostyle du temple de Karnak – Photo © The New Fashionista

La grande salle hypostyle, mon coup de cœur absolu de tous les monuments visités en Egypte, a été construite par Séthi 1er et achevée sous Ramsès II, pharaons de la XIXème dynastie (entre -1290 et -1224 av. J.C.). Cette immense salle de 103 mètres de long sur 53 mètres de large était jadis dotée d’un plafond soutenu par 134 colonnes massives rappelant des papyrus géants, certains avec des chapiteaux en forme de lotus ouvert. Cette « forêt » de colonnes en grès est tout simplement sublime, surtout lorsqu’on sait que le plafond comportait dans sa partie centrale des fenêtres à claustra qui créaient un jeu de lumière alors que les bas-côtés restaient dans la pénombre. Plusieurs scènes du film « Mort sur le Nil » (1978) tiré du roman d’Agatha Christie ont été tournées en décors naturels sur le site du temple de Karnak.

7. Artisanat

La découverte de l’artisanat local est toujours un bon moyen pour se avec la culture d’un pays. Il y a de nombreuses carrières d’albâtre aux alentours de Louxor, notamment dans le village de Gournah. Ce matériau blanc-crème et translucide était très utilisé dans l’art statuaire et la fabrication des canopes (vases funéraires) sous la XVIIIème dynastie, comme ceux retrouvés dans la tombe de Toutânkhamon. Les fabriques d’albâtre fleurissent le long de la route qui mène de Louxor à la Vallée des Rois : observer un artisan égyptien tailler à la main une pièce d’albâtre est certes pittoresque et représente une attraction touristique non négligeable pour l’économie locale, mais attention, les objets vendus en magasin sont souvent fabriqués en résine ou calcite et importés de Chine !

Medinet Habou - fabrique d'albâtre
Une fabrique d’albâtre à Médinet Habou – Photo © The New Fashionista

Vous n’échapperez pas non plus aux petits scarabées en faïence bleue émaillée, ces amulettes porte-bonheur, symboles de la renaissance du soleil. Enfin, si vous en avez l’occasion, je vous conseille d’acheter des pierres ponces 100% naturelles (non traitées, non teintées) qui existent sous diverses couleurs et formes : blanche, grise ou noire, brute ou moulée. Les pierres foncées proviennent des roches volcaniques de la région du Sinaï.

8. La traversée du désert

Nous avons effectué la traversée du Désert Oriental entre la ville de Qena et Safaga en mini-van avec une douzaine d’Égyptiens. C’est un parcours de plus de 300 kilomètres pour un trajet d’environ 4h30 au milieu d’un paysage hyper aride, sans aucune végétation : des cailloux, de la roche à perte de vue et une chaleur extrême. Dans les années 1990, Qena était l’un des foyers de l’insurrection islamiste visant à renverser le gouvernement égyptien à travers des attaques terroristes. Croyez-moi, c’est une traversée encore dangereuse de nos jours et nous n’étions pas rassurés, même si nous avons croisé plusieurs véhicules de police qui patrouillaient la route dans les deux sens entre les gouvernorats de Qena et de la Mer Rouge, ainsi que des barrages de contrôle.

Gouvernorat de Qena - café dans le désert
Café dans le désert sur la route vers Hurghada – Photo © The New Fashionista

Au milieu de ce paysage désertique, notre halte à mi-parcours dans une station service et « aire de repos » à la limite du gouvernorat de Qena, m’est apparue comme une véritable oasis : je tombe sur ce café au charme désuet avec ses murs recouverts d’un tadelakt vert pistache si rafraîchissant ! Une vision totalement inattendue, n’est-ce pas ? Juste le temps de boire un thé et d’aller aux toilettes, on reprend la route sous la canicule. Encore un peu de patience, on entre bientôt dans le gouvernorat de la Mer Rouge et notre destination Hurghada ne sera plus très loin…

9. Hurghada

Située sur la Mer Rouge, Hurghada est la deuxième station balnéaire d’Egypte après Charm El-Cheikh. Elle est très appréciée par les touristes (notamment les Russes et les Allemands) pour ses activités de plongée sous-marine, excursions en bateau et autres sports aquatiques. Nous avons séjourné au Beirut Hotel, un établissement 2 étoiles qui ne m’a pas laissé un très bon souvenir : installations basiques (le bac à douche était fendu et inondait la salle de bains à chaque passage), connexion internet déplorable, atmosphère bruyante avec des familles nombreuses. Cette escapade au bord de la Mer Rouge devait être la conclusion parfaite d’un séjour inoubliable mais elle fut plutôt une déception, d’autant que ma carte bancaire fut avalée par un distributeur automatique de billets le lendemain de notre arrivée ! La ville n’a rien de remarquable : le développement urbain y est plutôt anarchique avec beaucoup de bars, clubs, hôtels et centres commerciaux sans véritable cachet typiquement égyptien. Bref, le seul point positif était la plage de l’hôtel et ses eaux turquoise.

Hurghada - la Mer Rouge
Plage du Beirut Hotel sur la Mer Rouge – Photo © The New Fashionista

Ainsi s’achève mon périple en Egypte, j’espère que ce carnet de voyage vous aura plu et dépaysé… Si vous avez raté la première partie consacrée au Caire, vous pouvez la retrouver ici.

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Je vous souhaite une belle soirée et vous dis à bientôt ! 💕
Agnès

8 commentaires sur “Mon voyage en Egypte – Louxor

    1. Merci Emma, c’est vraiment gentil ! 🙏😊
      Si mes photos t’ont fait voyager, j’en suis heureuse… 😍 A bientôt et bel été à toi !
      Bisous 😘

      J'aime

    1. Hello Nathalie, merci beaucoup pour ta visite et ton gentil message ! 😍 Je suis ravie que ce carnet de voyage t’ait plu… 🙂 Bisous et belle semaine à toi 💋

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